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Nom du blog :
roro14150
Description du blog :
tt sur les 15 derniere annee du hip hop
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Blog Musique
Date de création :
06.05.2007
Dernière mise à jour :
29.07.2007
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nessbeal

nessbeal

Posté le 20.05.2007 par roro14150
Karima, Karima, kiffe les Baccara … » Après un couplet légendaire sur le fameux Baby de Booba à coup de rimes à 24 carats, Nessbeal a.k.a. « le canon scié en featuring » fait son grand retour en solo. Car, même s’il doit beaucoup à ses expériences avec le B2O et le 9.2i - comme il le reconnaît volontiers - le temps est maintenant venu pour le rappeur de voler de ses propres ailes, avec à la clé une signature chez Nouvelle Donne connu pour avoir boosté la carrière de nombreux MC’s tels Disiz la Peste ou Ol’ Kainry.

L’heure aussi de faire parler toute son expérience du bitume, comme sur « B.E.C.T. (Bitume Expérience Connaissance du Terrain) », un 1er titre balancé en prélude de son album à l’intitulé tout aussi évocateur « La mélodie des briques ». Né à Boulogne-Billancourt, Nessbeal vit un temps à Sevran Beaudotte avant de déménager à Villiers-sur-Marne dans le 9.4 où il crèche encore aujourd’hui. C’est là qu’il fait la connaissance du terrain, de la vie de tess avec ses bons moments, les après-midi passées à taper le cuir contre le mur, les barbecues et les fêtes de quartier, mais aussi ses mauvais côtés. « J’ai versé mon sang dans la cité » avoue-t-il, comme pour mieux illustrer le propos de Booba sur « Hors-saison » : « elle est belle, cruelle, triste, elle est brutale, la mélodie des briques fait mal. »

C’est là également qu’il fait ses 1ers pas dans le rap à 12 ans quand un pote fait appel à lui pour une scène lors d’une fête de quartier. Il se découvre alors une passion même s’il ne se destine pas forcément à rapper. Quelques années plus tard, en 97, Ness sortira quand même un 1er maxi « Les gosses » avec Dicidens, le groupe qu’il forme aux côtés de Zessau et Korias. Un déclic qui l’amènera ensuite aux côtés de Lunatic puis Booba pour un duo sur la B.O. de « Taxi 3 », « Les rues de nos vies », produit par Kore & Skalp.

Autant dire qu’aujourd’hui, Nabil, de son vrai prénom, connaît le ness-bi. Et il entend bien mettre à profit son vécu pour nous livrer un album évitant les clichés habituels du « rap de rue » avec des paroles travaillés au corps à corps et le souci de coller soigneusement à la réalité. « Enfin la tess racontée par ceux qui la vivent / pas pour ceux qui en rêvent / Mais pour ceux qui en crèvent » pour reprendre le refrain de « B.E.C.T. » Après avoir déjà coulé sa plume dans le goudron pour le 1er opus de Dicidens « HLM Résidants », Nessbeal s’est donc remis à l’ouvrage en commençant à distiller son « Rap de paria » au compte goutte sur divers projets en 2005 (la tape de Booba « Autopsie Vol. 1 », les compiles « Patrimoine du Ghetto » et « La Nocturne de Skyrock – Volume 1 »), tout en gardant toujours à l’esprit ses albums de référence : « Le mauvais œil » de Lunatic, « Le code de l’honneur » de Rohff et « Le combat continue » d’Ideal J, « de gros albums dans les quartiers » comme il dit.

On comprend mieux dès lors la hargne qui s’immisce dans chacun de ses lyrics, celle du ghetto youth élevé sur violents breakbeats, sans diplôme, qui a arrêté les cours en 3ème et qui n’a que sa seule expérience du béton pour survivre. Mais, cette rage ne le rend pas pour autant aveugle. Elle le force au contraire à jeter un œil, sombre mais lucide, sur le monde qui l’entoure, comme lorsqu’il dresse le portrait de ces « princesses au regard triste » qui élèvent seules leurs gosses et qui sont « fatiguées de faire le tour de France des parloirs. » Une façon aussi pour le rappeur de rendre hommage à sa propre mère originaire de Casablanca au Maroc qui a débarqué en France avec plein de rêves en tête pour ne connaître que l’Enfer du décor…

Hardcore comme cette « mélodie des briques » qui résonne à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, sur les bancs comme dans les halls, été comme hiver. « Quand je sors dans mon quartier, j’ai l’impression que les murs chantent. Parce que même s’ils ont repeint les façades de nos immeubles, c’est à l’intérieur que les drames se jouent. » C’est le chant de la rue, de la romance noire, en un mot du Nessbeal et ce sera le 6 mars 2006 dans vos oreilles…




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